Quitter une vie que l’on sait encore parfaitement défendre.

Le plus difficile n’est pas toujours de quitter une vie qui ne fonctionne plus.  C’est de quitter une vie que l’on sait encore très bien faire  fonctionner.

J’ai travaillé plus de vingt ans dans les ressources humaines. J’y avais construit une expérience, une légitimité, une façon d’être utile. J’aimais lire ce qui se jouait derrière les fonctions, accompagner les parcours, comprendre les relations humaines au-delà des organigrammes.

Rien ne m’obligeait brutalement à partir. 

C’est précisément ce qui rendait le mouvement difficile. Je pouvais encore défendre cette vie avec intelligence. 

Elle était cohérente, reconnue, sécurisante à bien des endroits. Mon mental disposait d’un dossier parfaitement argumenté pour que rien ne change.

Et pourtant, une autre vérité gagnait du terrain. Elle n’avait pas la netteté d’un projet déjà construit. Elle se manifestait par une perte d’élan, une fatigue plus profonde, le sentiment de réussir encore quelque chose qui ne me ressemblait plus entièrement.

J’ai longtemps attendu que la peur disparaisse ou qu’une certitude vienne m’autoriser. Ni l’une ni l’autre ne sont venues. Il a fallu choisir avec une part d’inconnu, sans dévaloriser ce que je quittais et sans transformer l’après en promesse idéale.

Je me suis rendue compte après coup que ces années m’ont énormément appris, fait grandir. 

Elles vivent dans ma manière d’écouter, de discerner, de tenir un cadre et de ne jamais réduire une personne à ce qu’elle montre. Quitter n’a pas effacé mon histoire, cela a affiné mon discernement de moi-même et de ce qui me faisait sens ; cela a rendu à mon histoire sa juste place. Elle pouvait devenir un appui sans demeurer une destination figée. 

Nous confondons parfois fidélité et immobilité. Parce qu’un choix fut juste hier, nous croyons devoir le prolonger pour rester loyale à celle qui l’a fait. Mais la responsabilité envers soi change de forme avec le temps. Parfois, elle consiste moins à tenir qu’à reconnaître ce qui est arrivé à son terme.

Et aujourd’hui, je comprends ô combien cela m’était nécessaire sur mon parcours, en créant Oxygen’.

Avec Oxygen’, ma mission est d’aider les entreprises à développer une stratégie humaine efficace au service de l’équilibre et de la performance. 

J’accompagne les personnes à retrouver de l’énergie et de l’équilibre, les managers à prendre du recul et faire évoluer leurs pratiques et les équipes à mieux communiquer et coopérer.

Quelle vie savez-vous encore brillamment défendre alors qu’elle ne reçoit plus tout à fait la femme que vous êtes devenue ?