Quand quelque chose en vous ne peut plus continuer comme avant
Cela commence souvent par une phrase que l’on n’arrive plus à faire taire : je ne peux pas continuer ainsi. Et là le mental tourne en boucle…
De l’extérieur, rien n’a peut-être changé.
Vous suivez la logique construite au cours de votre vie mais cela ne tient plus en vous. Vous ne savez pas clairement l’expliquer et c’est pas faute d’essayer. Vous savez clairement nommer les choix qui vous ont menée jusque-là. Pourtant, au-dedans, quelque chose ne consent plus tout à fait. Vous découvrez, avec peur parfois, que ce n’est plus vous. Un peu comme un réveil après un long sommeil.
Cela m’est arrivé à maintes reprises, ces prises de conscience me sont souvent venues au réveil le matin. Comme si j’avais appuyé sur un interrupteur. Mais cela ne m’a pas éclairé dans l’instant sur le sens, ni le comment.
Alors, cela ne s’apparente pas nécessairement à une crise. C’est peut-être quand on s’est trop éloigné de soi, comme un élastique qui était devenu trop tendu. Et à faire le point sur ce que l’on obeserve, cela peut ressembler à une certaine lassitude, une fatigue qui ne se résorbe pas, une joie ternie ; avec un sentiment étrange de jouer avec application un rôle qui vous ressemble de moins en moins.
Certains jours, l’appel se fait presque oublier car on vit dans notre tête et notre raisonnement. Puis une conversation, une contrariété ou un instant de silence le ramène à la surface.
Plus ou moins d’intensité.
Le premier mouvement consiste souvent à vouloir le résoudre.
Trouver la bonne décision, la cause exacte, le plan qui garantira la suite.
Mais cet appel intérieur ne vient pas toujours avec son mode d’emploi, il demande d’abord que nous cessions de le rabattre sur de l’ingratitude, un manque de volonté ou une mauvaise passe.
Ce qui s’éveille ne réclame pas forcément que vous renversiez votre vie, il vous invite à regarder honnêtement l’endroit où vous n’êtes plus en accord avec vous-même.
Et pour moi, j’ai commencé à agir autrement : à entendre ce que mon corps refusait, à regarder où mon énergie se consumait, à écouter ce que mon désir cherchait encore maladroitement à formuler.
Il faut du courage pour demeurer un peu dans cette absence de réponse. Il s’agit d’accueillir un processus intérieur qui n’a aucune temporalité, chacun son rythme, tout est dans l’art de s’observer et de se reessentir. Donc, ne pas dramatiser et ne pas minimiser non plus.
Laisser la conscience éclairer, morceau après morceau, ce qui était devenu trop étroit.
Un passage commence ainsi : non par un grand départ, mais par la décision intime de ne plus vous abandonner chaque fois que quelque chose de vrai se présente en vous.
Quelle vérité revenez-vous sans cesse recouvrir alors qu’elle cherche simplement à être entendue ?